LE RETOUR DU PIRE CAUCHEMAR DE WALL STREET | Swiss Bliss
En septembre 2008, la dette américaine passait les 10'000 milliards. Il a fallu neuf ans pour ajouter les 10'000 suivants. Puis cinq. Puis quatre et demi.
Ce matin, on est à 40'117 milliards de dollars.
Cette semaine, tout le monde a regardé le même écran : les 162'000 créations d'emplois américaines de vendredi, le triple des attentes. Huit heures de commentaires, des probabilités de hausse de taux qui font le yoyo entre 65% et 50% et 58%, et un marché qui finit en baisse quand même.
Pendant ce temps, dans la cave, le taux d'emprunt britannique touchait son plus haut depuis 2007, le français depuis 2008, l'allemand depuis 2011, le japonais depuis 1996. Le 30 ans américain vivait son pire début de septembre depuis 2006. Le diesel américain battait son record absolu de tous les temps. Et le gaz européen retrouvait ses niveaux de janvier 2023.
Le vrai sujet de la semaine n'est ni Warsh, ni l'emploi, ni même le pétrole à 96 dollars.
Le vrai sujet, c'est qu'il n'y a qu'un seul réservoir d'épargne dans le monde, et que deux clients énormes se présentent maintenant au même guichet en même temps : les États, dont les déficits sont devenus structurels, et l'industrie de l'intelligence artificielle, qui doit financer des data centers en béton et en cuivre. Fin juillet, la dette obligataire des entreprises américaines pesait 11'500 milliards, en hausse de 7% sur un an. Celle du Trésor, 19'100 milliards, en hausse de 6,6%. Même rythme. Mêmes investisseurs.
Au programme de ce Swiss Bliss :
• Pourquoi 101'000 des 162'000 emplois américains créés en août sont des serveurs de bar et des enseignants qui reviennent — et ce que la Coupe du monde a à voir avec le taux de votre hypothèque.
• Pourquoi le SMI a couru quatre séances pour finir la semaine à -0,03%.
• Novartis qui prend 6,3% sur un communiqué dont personne n'a lu la seconde moitié. Nestlé qui fait quatre annonces stratégiques sur quatre continents sans bouger d'un centime. UBS qui gagne son bras de fer sur les fonds propres et qui baisse le lendemain.
• L'inflation suisse à 0,8% pendant que le mazout prend 53,1% sur un an. Sortez votre facture de citerne, l'exercice se fait à la maison.
• Trois anomalies : l'or qui monte alors que le manuel dit qu'il devrait baisser, le PCE au-dessus de la cible de la Fed depuis 65 mois consécutifs, et le yen qui prend 3% en deux jours — la mécanique qui a fait sauter LTCM en 1998 et le Nikkei en août 2024.
• Et pour finir, le graphique publié par le président des États-Unis qui se trompe de huit millions de barils par jour, et ce que 40'117 milliards de dette veulent dire pour votre deuxième pilier.
Bon week-end à tous !
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#dette #NFP #Emploi