Ce n'est plus la Fed qui décide des taux | Swiss Bliss
Mercredi, le Trésor américain a racheté sa propre dette pour faire baisser ses taux. Le marché a effacé l'opération en une seule séance.
Cette semaine, personne n'a réparé le mur. On a acheté du mastic.
Scott Bessent regarde le 30 ans américain taper 5,34%, son plus haut depuis dix-neuf ans, décrète que ce n'est pas « justifié par les fondamentaux », et annonce qu'il double ses rachats de dette longue. Quatre milliards de dollars par opération. Le même jour, à la même heure, la dette américaine franchit les quarante mille milliards.
Quatre milliards sur quarante mille milliards. Un franc sur dix mille. Devant témoins. En le disant très fort.
Ça a tenu vingt-quatre heures.
Et en face, Kevin Warsh ne dit rien. Il a supprimé la forward guidance, il explique tranquillement que la hausse des taux longs lui rend service, et il veut VENDRE exactement ce que le Trésor est en train d'ACHETER. Une main de l'État américain vend ce que l'autre main achète, le même jour, sur le même papier.
Au menu également : le Brent à 94 dollars, la citerne à mazout de l'Europe remplie aux trois cinquièmes au pire moment de l'année
Walmart qui se prend 9% dans les dents pour neuf dixièmes de point d'écart
Geberit qui vend sa deuxième mi-temps au prix de la première,
Roche et Holcim qui sortent un milliard et demi un jeudi soir sans que personne ne s'en aperçoive
Nestlé dont on veut saisir les usines russes, et trois anomalies qui, mises bout à bout, ne sont pas très rassurantes.
Et mercredi prochain, Nvidia passe son contrôle technique trimestriel. On en reparle.
Il y a deux façons de raconter cette semaine. La confortable et l'autre. Les deux sont vraies. Dites-moi en commentaire laquelle vous choisissez — histoire numéro un ou histoire numéro deux.
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